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Oracle May est une carte qui me fascine depuis sa sortie. Je n’avais pas eu la possibilité d’expérimenter cette carte récemment, mais depuis la fin du championnat de France, j’ai eu un peu plus de temps pour sortir des sentiers battus  et tenter des decks avec madame May. Le but de cet article est de vous expliquer les forces et faiblesses de l’Oracle, comment l’intégrer efficacement à un deck et vous donner quelques pistes avec des listes pour ceux qui voudraient tenter l’expérience un petit peu plus loin.

Je fais référence à de nombreuses cartes dans cet article, en utilisant systématiquement le nom anglais de la carte. J’ai créé des liens pour la plupart des cartes lorsque j’y fais référence la première fois, mais certaines sont probablement passées au travers du crible de relecture. Si j’ai du courage et du temps, je rajouterai les liens vers toutes les cartes citées.

 

1)      Présentation :

Les forces de Madame May sont nombreuses. Je vais la comparer assez régulièrement à deux autres cartes : Professional Contacts et Magnum Opus, car elle partage avec ces deux-là le même rôle au sein d’un deck : une carte-clef, dont on va utiliser beaucoup la capacité afin d’avoir une économie et/ou un moteur de pioche le plus efficace possible.

  • Son action récurrente est la plus rentable de toutes les cartes d’économie récurrente du jeu : un click rapporte 2 crédits et une carte, on est loin devant Professional Contacts (qui ne rapporte ‘que’ 1 crédit et 1 carte) ou Magnum Opus. A vrai dire, on fait aussi bien en une action répétable que la plupart des events du jeu (Diesel, Easy Mark ou Night Shift pour les plus anciens)
  • Son coût est très faible : 1 crédit d’installation, c’est largement plus vite rentabilisé que les Professional Contacts ou Magnum Opus sus-mentionnés
  • C’est une Connection, donc tutorisable (désolé pour le néologisme) avec Hostage

 

Ses faiblesses sont cependant à la hauteur de son efficacité :

  • Le point d’influence est loin d’être anecdotique, surtout si vous voulez en jouer 3, ou bien prévoyez d’inclure Hostage en Shapers ou Anarchs
  • Surtout, l’incertitude sur le fait qu’on récupère une carte et 2 crédits ou bien qu’on la défausse sans rien gagner rend cette carte a priori hautement aléatoire.
  • Son statut de ressource la rend vulnérable aux tags : être taggé sera dangereux, car la corporation aura toujours la possibilité de la détruire à moindre coût.

 

Ce qui semble évident après lecture de cette rapide description de la carte,  c’est qu’on n’ajoute pas Oracle May à un jeu existant. Le jeu doit tourner autour d’elle pour la rentabiliser, et tirer profit au maximum des possibilités qu’elle ouvre pour la pioche comme pour l’économie.

 

2)      Première solution : le jeu avec 30 programmes

La première solution qu’on peut envisager pour contourner les faiblesses d’Oracle May est de jouer majoritairement des cartes d’un seul type : Event, Ressource, Programme ou Hardware. Ainsi, les chances de réussir sa divination sont largement en notre faveur, et même si on ne réussit que 66% des utilisations, on sera toujours aussi efficace que Magnum Opus ou Professional contacts (2 cartes et 4 crédits en 3 clicks).

Je mets de côté les Hardware pour l’instant, car il me semble difficile de réaliser un jeu avec 30 Hardware. Je n’attends que vous pour me prouver que j’ai tort, évidemment !

Les programmes sont probablement la solution la plus intuitive : on aura toujours besoin de programmes pour passer les ICE et défenses adverses (Icebreakers et Parasite), les programmes offrent un support d’économie intéressant (Magnum Opus, Gorman Drip, Pheronmones , Datasucker, etc.) et ont des capacités de support et/ou utilitaires très intéressantes (Medium et Nerve Agent pour les accès multiples, Sneakdoor Beta, Paintbrush, Keyhole, etc.).

Voici un exemple d’un tel deck. J’ai choisi de prendre Noise, car il va réellement rentabiliser le fait de jouer tous ces programmes que nous allons piocher avec Oracle May. D’autres identités intéressantes pour un jeu Oracle May et 30 programmes pourraient être Kate (afin de réduire les coûts d’installation), Chaos Theory (pour un deck plus petit permettant de mettre en place la combo plus rapidement, et le bonus de MU permettant d’installer plus de programmes) ou Iain Stirling (qui n’est pas pressé et peut se permettre d’installer son Rig avant d’aller taquiner les serveurs de la Corporation).

Noise Hacker Extraordinaire

15 influence spent (max 15) •••••••••••••••
 45 cards (min 45)
Cards up to Honor and Profit
 Event (4)
2x Hostage ••••
 Hardware (6)
 Resource (3)
3x Oracle May •••
 Icebreaker (8)
2x Mimic
2x Yog.0
 Program (24)
3x Djinn
2x Gorman Drip v1 ••
3x Imp
3x Magnum Opus ••••• •
2x Medium

Le deck est assez simple : on joue un maximum de virus afin de défausser des cartes de la corpo. 2 Hostage et 3 Oracle May donnent une probabilité de 71 % de l’avoir en main de départ après Mulligan, et 3 Magnum Opus sont là pour les cas où on ne l’ait pas rapidement (on a 87 % de chance d’avoir soit MO, soit Oracle May soit un Hostage en main de départ). Les cartes non-programmes sont de la réserve à MU et boosters de virus (Grimoire), des Cyberfeeder dont on est sûr de se servir tous les tours et 2 Stimhacks parce que j’aime cette carte. Ce pack est évidemment adaptable en fonction de vos envies et habitudes. Le point important est que votre deck ne doit pas reposer sur celles-ci, car il est fort probable que vous les défaussiez à Oracle May dans plusieurs parties !

3)      Deuxième variation autour du mono-type, le jeu 30 ressources.

Jouer de nombreuses ressources offre d’une part une économie d’une stabilité extraordinaire (Daily Casts, Aesop’s Pawnshop, Bank Job, Kati Jones, etc.), des contres et cartes situationnelles très intéressantes (Donut Taganes, The SourceRaymond Flint, Data Dealer, etc.) et de la protection (Decoy, Fall Guy).

Les Criminals sont naturellement les mieux placés pour jouer avec les ressources, du fait de leurs nombreuses interactions bénéfiques avec les Connections en particulier (Hostage, Calling in Favors). J’ai choisi de monter une liste avec Andromeda car :

  • Sa main de départ de 9 cartes donnent une excellente chance d’avoir Oracle May en jeu dès le T1 (76 %, ou 94 % après Mulligan !), et donne également quelques cartes non-ressources dès le début, réduisant le risque de défausser les précieux programmes sur Oracle May.
  • Son link de 1 permet d’envisager de jouer des cartes telles que Underworld Contacts (une autre carte qui m’a toujours donner envie de construire autour sans que je trouve la bonne formule pour la rentabiliser)

Le jeu est cependant plus difficile à équilibrer que le jeu 35 programmes, car s’il est possible de jouer gagner une partie sans ressource, il est très difficile de passer les ICE sans aucun programme. Il est donc nécessaire de jouer un certain nombre de programmes, ce nombre doit être assez faible (pour que les statistiques de faire fonctionner Oracle May restent hautes) , mais pas trop bas non plus si on ne veut pas perdre sur une défausse malheureuse de son seul programme du deck sur un Oracle May malchanceux.

J’ai pris le parti, dans cette version du jeu, de jouer Motivation dans ce deck. Je considère que cette carte est une mauvaise carte dans cette configuration (je reviendrai plus tard dans l’article sur Motivation), car sa seule utilisation est de pouvoir utiliser Oracle May en sécurité. Mais c’est une ressource, qui a donc une place dans ce jeu.

La plupart des autres ressources sont assez évidentes, rentrant dans les catégories mentionnées précédemment. Un certain nombre de Connections sont en 1 exemplaire uniquement, avec pour vocation d’être recherchées avec Hostage dans les situations qui l’exigent. Au pire, vous pourrez toujours les piocher sur Oracle May, gagner vos deux crédits, et les défausser plus tard en fin de tour ou bien sur des dégâts infligés.

Andromeda Dispossessed Ristie

13 influence spent (max 15) •••••••••••••
 48 cards (min 45)
Cards up to Honor and Profit
 Event (8)
 Hardware (2)
 Resource (30)
 Icebreaker (8)
2x Alias
2x Corroder ••••

4)      Le jeu 35 Events

Jouer avec de nombreux Events est une autre solution viable pour rendre Oracle May attrayante. Les Events ont une palette d’utilisations très large, allant de l’économie (Sure Gamble, Lucky Find, Dirty Laundry, etc. ) au contrôle d’ICE (Inside Job, Kraken, Emergy Shutdown) en passant par la pioche (Diesel, Hostage, Special Order) et l’accès multiples (Legwork, Indexing, Maker’s Eye).

Comme pour le jeu Ressource, le jeu 35 Events courre toujours le risque de perdre un précieux Ice-breaker sur une divination loupée, mais ce jeu possède plusieurs moyens de contourner ou corriger cela, tous piochables avec Oracle May

  • Special Order permet d’aller chercher le breaker dont on a besoin dans le deck sans passer par Oracle May
  • Retrieval Run permet d’installer gratuitement un programme défaussé. On peut même aller jusqu’à vouloir défausser ainsi un programme pour le réinstaller à bas prix.

Ken « Express » Tenma Disappeared Clone

17 influence spent (max 17) •••••••••••••••••
45 cards (min 45)
Cards up to Honor and Profit
 Event (35)
1x Indexing •••
2x Lucky Find ••••
2x Retrieval Run ••••
2x The Maker’s Eye ••••
 Resource (3)
2x Oracle May ••
 Icebreaker (7)
1x Alias
1x Breach

5) L’optique plus modérée

La carte qui vient le plus vite à l’esprit quand on parle d’Oracle May, c’est évidemment Motivation. Mais jouer Motivation uniquement pour activer l’Oracle est une mauvaise combinaison : nous allons gâcher 6 cartes de notre deck pour simplement, une fois par tour, piocher 1 carte et gagner 2 crédits en un click. D’autres combinaisons permettent de faire aussi bien, et surtout avec des cartes pouvant être efficaces individuellement, ou offrant d’autres possibilités de combinaisons.

Ce que je vous propose ici, c’est donc de bâtir un jeu centré sur Motivation et Oracle May, mais offrant d’autres possibilités d’interactions. Je précise d’entrée que ce jeu ne sera probablement pas le futur vainqueur du championnat de France 2015, mais sera l’occasion pour nous de jouer avec des cartes rarement vues, et devrait, je l’espère, vous éviter le total ridicule lorsque vous le jouerez. Au pire, vous aurez toujours l’excuse de jouer un jeu original !

première chose que nous allons faire, c’est chercher d’autres cartes permettant soit de rentabiliser le fait de connaitre la carte du haut du deck, soit permettant de connaitre ou choisir la carte en haut de notre deck. Une première sélection nous ramène les cartes suivantes :

  • TestRun nous remet un programme après utilisation en haut du deck. Il suffit au tour suivant d’utiliser Oracle May en nommant Program pour être sûr de le piocher et d’avoir quelques crédits pour le réinstaller ultérieurement
  • Eureka permet d’installer une carte depuis le haut du deck, réduisant son coût de 10. Une économie en argent substantielle sur des cartes chères, sans perte de tempo.

Pour rentabiliser Eureka! et Test Run au maximum, il nous faut jouer des cartes chères, idéalement à 9 ou 10 crédits. Plusieurs de ces cartes ont retenu mon attention :

  • Femme Fatale, dont la combinaison avec Test Run est bien connue, et qui permet de passer au travers de n’importe quelle ICE à prix plus que modique. Son faible coût en influence la rend facilement jouable dans toutes les factions.
  • Torch, le code-gate breaker le moins cher à utiliser (hors combinaison avec Yogg)
  • The Toolbox, qui fournit de gros avantages en jeu (link, économie récurrente)… certes elle est chère, mais si au lieu de coûter 9, on la payait simplement 3 avec Eureka ? Voilà de suite un investissement plus que raisonnable.

La plupart de ces cartes étant Shapers, il semble évident que c’est cette faction que nous jouerons. Le choix de l’identité n’est pas central pour ce jeu, et il sera jouable avec n’importe laquelle des identités existantes. J’ai choisi Chaos Theory pour plusieurs raisons, mais d’autres choix sont tout aussi valides et défendables. Voilà mes arguments :

  • Nous jouons un deck combo. Jouer en 40 cartes permettra donc d’avoir plus fréquemment et plus rapidement nos cartes clefs à chaque partie
  • L’influence nous sera très probablement indispensable (pour accéder aux meilleurs breakers, à Oracle May, aux cartes d’accès multiples, etc.)
  • Nous n’utiliserons probablement que rarement le point de MU, mais l’inclusion d’un Overmind ne serait pas complètement hors de propos dans ce jeu

L’étape suivante serait de pouvoir mélanger le deck, afin d’enlever la carte inutile du haut du deck. Les tutors offrent cette possibilité tout en allant chercher en plus une carte dont nous avons besoins : c’est donc un double gain pour nous d’inclure plusieurs de ces cartes :

  • Test Run nous remet un programme après utilisation en haut du deck. Il suffit au tour suivant d’utiliser Oracle May en nommant Program pour être sûr de le piocher et d’avoir quelques crédits pour le réinstaller ultérieurement
  • Express Delivery prend tout son sens dans ce jeu, car si la faction Shapers offre de nombreux tutors pour les programmes, nous allons jouer des programmes chers que nous installerons en trichant avec Eureka, pas en payant leur coût normal. Express Delivery nous permettra d’aller chercher Oracle May et Motivation si nous ne les avons pas en main de départ, ou les cartes de nos autres combos une fois notre moteur principal installé.

Une fois ce coeur de deck réalisé, nous pouvons ajouter d’autres cartes offrant des combinaisons intéressantes avec plusieurs d’entre elles :

  • Scavenge permet de recycler les Femmes Fatales ne ciblant plus la bonne ICE (où dont l’ICE a disparu), et forme une combo avec Test Run que, je pense, vous connaissez tous.
  • Underworld Contacts est probablement une mauvaise carte d’économie, mais avec ToolBox jouable facilement dans ce jeu, elle devient intéressante et c’est un des rares jeux dans laquelle on peut l’inclure, je ne vais donc pas me priver. Les plus compétitifs d’entre vous auront cependant intérêt à les remplacer par des Daily Casts qui ne sont pas dépendant d’une combo Eureka/Toolbox pour être rentables.
  • Magnum Opus peut offrir un complément d’économie à Oracle May, et est un programme donc bénéficiant de Test Run, Scavenge et les bonus de MU. Une fois de plus, d’autres alternatives seront probablement plus intéressantes vu qu’on parle ici de complément d’économie à notre moteur principal (Armitage Codebusting, Kati Jones, etc.).

Si on ajoute à cela les cartes habituelles permettant de réaliser des accès R&D et HQ rentables, de l’économie efficace et un breaker contre les barrières, nous arrivons à une liste qui pourrait ressembler à celà :

Chaos Theory Wünderkind

14 influence spent (max 15) ••••••••••••••
 40 cards (min 40)
Cards up to Honor and Profit
 Event (18)
2x Diesel
3x Express Delivery •••
1x Legwork ••
 Hardware (3)
 Resource (11)
 Icebreaker (6)
2x Corroder ••••
2x Femme Fatale ••
2x Torch
 Program (2)
En conclusion, j’espère que cet article vous aura donné envie de jouer Oracle May dans vos prochains decks, et à construire des jeux qui sortent un peu des sentiers battus !

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