« Tu peux retirer ton masque », s’exclama le Maire Lord, allongé à la base des escaliers menant au prytaneum. Sa jambe droite formait un angle grotesque et la respiration du vieil homme était lourde et irrégulière. « C’est ça que tu voulais, Lunerouge ? Viros brûle. La ville qui te tenait en haute estime. Est-ce que tu nous as sauvé des chimères dans le seul but de pouvoir craquer l’allumette toi-même ? ».

Son adversaire masqué ricana en descendant les escaliers d’un pas lent et délibéré. Des loups hurlaient dans la nuit, et les échos des cris se répercutaient dans chaque rue et chaque allée. Le grand Beffroi du Soleil brûlait, éclairant la ville comme une obscène bougie de l’enfer.

Noah Lunerouge ôta le masque de son visage. « Prétends-tu connaître mes désirs, humain ? ». Il leva son épée au-dessus de la silhouette prostrée du maire puis posa la lourde lame sur l’abdomen de l’homme. Si le Maire Lord ressentait de la douleur, il n’en montrait pas le moindre signe. « Je ne voulais rien de plus que votre amour. Mais depuis que je suis petit garçon tout ce qui vous intéressait c’était l’arme qui coule dans mes veines. Votre espèce m’a dépouillé de tout mon être, et maintenant tu baragouines avec colère parce que tu t’aperçois qu’il ne reste en moi que l’arme ». Noah appuya sur l’arme et le maire poussa un cri. Il essaya de retenir la lame de ses mains mais Noah finit de l’enfoncer.

Plus bas dans la rue, une femme du peuple cria de terreur, et le grognement grinçant d’un loup lui répondit. La femme cria, le loup grogna et la voix de la femme s’éteint en une seconde atroce et sanglante. Un rictus sur le visage, Noah se pencha vers le maire. « S’il te plaît », s’exclama ce dernier. Ses mains étaient recouvertes de son propre sang qui commençait aussi à couler des commissures de ses lèvres. Il articula d’autres mots qui ne sortirent que sous la forme d’un râle maladif. Noah sourit et arracha sa lame du ventre de l’homme.

« Tu me supplies comme les moutons supplient le lion », ricana Noah. Des loups émergèrent des ténèbres en grognant. « Mangez », leur dit-il. « Je suis rassasié ».

Source (n’oubliez pas que cette traduction est officieuse)

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