29 août 1877

Kevin Wainwright

Kevin Wainwright

« J’entends encore des battues derrière nous, » Kevin Wainwright leva son oreille du sol et tourna son regard vers la voiture alors qu’il tenait Ivor Hawley, le maître de piste, au courant.

Ivor reposa pensivement son visage entre ses mains trempées qui berçaient sa canne décorée en baissant les yeux vers son assistant. « Cela doit être le même homme qui nous suis depuis Tombstone. Il est temps de jouer. Laisse le venir. »

Seules les bourrasques de vent se firent entendre jusqu’à l’approche des bruits de sabots une demi-heure plus tard. Un cavalier solitaire passa, tourna et cabra son cheval, avant de s’arrêter à quelques pas de la voiture de tête d’Ivor. « Rendez-vous au nom de la Confédération ! » proclama le cavalier. En disant cela, il dégaina et pointa son six-coups vers la voiture.

« Et qui pouvez-vous bien être ? » demanda le cocher.

« Joseph Willerston des Texas Rangers. J’ai quelques mots à dire à votre maître. »

« Maître Hawley ne répond à personne, » fanfaronna le cocher.

« Tout va bien, » répondit Ivor depuis l’intérieur de la voiture.

« Sortez et éloignez-vous de votre attelage. Gardez vos mains visibles. » aboya le Ranger.

Ivor Hawley

Ivor Hawley

Ivor Hawley ouvrit doucement la porte et descendit avec dignité, obtempérant à l’ordre donné. Kevin Wainwright trébucha alors qu’il suivait son maître. Le minuscule assistant copia la posture droite de son maître et malgré son absence de canne, imita l’étirement de bras d’Ivor.

Le croissant de lune projetait sa faible lumière sur le sol dur du désert alors que l’humidité ambiante de la mousson de l’après-midi réchauffait l’air de cette fin d’été tel un sauna. Des éclairs zébraient le ciel au-dessus des crêtes environnantes. Imperturbable malgré l’environnement rude, l’expression dédaigneuse d’Ivor indiquait clairement qu’il n’avait que faire de l’arme jumelle pointée directement vers sa poitrine.

Après une pause interminable, le ranger brailla pour couvrir le grondement du tonnerre. «  préparez votre ménagerie pour l’inspection ! Pas de coup fourré, vous n’avez pas l’ombre d’une chance face à moi ! »

Alors que les nuages roulant commençaient à couvrir le croissant de lune, Ivor fit rapidement un moulinet habile avec sa canne. Anticipant le mouvement, le Ranger appuya immédiatement sur la détente, tirant en direction de la canne. Le sourire satisfait d’Ivor laissa place à un sourire grimaçant alors que la lune disparut complètement.

The Ghostly Gun

The Ghostly Gun

Puis les nuages abandonnèrent la lune, et la clairière séclaircit à nouveau faiblement. Mais maintenant, se tenait entre Ivor et le Ranger une silhouette humanoïde plus grande encore que Ivor. Le seul trait remarquable de ce nouvel arrivant était un visage pale, voire complètement blanc. Avant que le Ranger surpris ne puisse réagir, une explosion orange suivie par le rugissement d’une balle projetée retentirent avant de délivrer un ultime message létal au Ranger. Surpris, le cheval eu un hennissement paniqué en projetant au sol son cavalier mort et déguerpit par où il était venu.

Ivor et Kevin retournèrent calmement à la voiture.

« Etiez-vous inquiet, maître Ivor ? » souffla Kevin en brisant le silence.

« Pas un instant, mon cher ami, » répondit Ivor en faisant un clin d’œil. « Il y a toujours au moins l’ombre d’une chance. » Alors qu’ils passaient à côté du cadavre de l’homme de loi, Ivor fit une pause, rajoutant, « Ah, cher monsieur, pourquoi perdre son temps avec des mots alors qu’un revolver parle avec tant d’éloquence ? »

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