« Doomtown ? J’ai l’impression qu’il y a trop de hasard. » Combien de joueurs ne se laissent pas tenter par ce jeu à cause des mains à tirer pour résoudre l’initiative (le lowball) ou les combats (shoot-outs), et l’impression que le hasard occupe une place trop importante ? Et pourtant, on pourrait en dire autant des autres jeux de cartes – après tout, même dans Netrunner, une main pourrie peut vous faire perdre. Les joueurs de Doomtown sont parfois même déçus après des parties où tout s’est joué sur une main de rang insuffisant. Mais au final, c’est là tout le sel de ces jeux : si vous arrivez à contrer le hasard, à faire en sorte que, quelle que soit la situation, vous aurez les outils pour garder la maîtrise de la partie, vous aurez de bonnes chances de l’emporter.

Voici quelques astuces pour laisser le moins de place possible au hasard dans vos parties de Doomtown. Ce n’est pas parole d’évangile, attention : je ne prétends pas connaître la composition du deck qui assure la victoire, remporte les tournois et guérit les verrues, retour de l’être aimé garanti. Alors n’hésitez pas à vous déchaîner dans les commentaires ou le forum, pour compléter cet article et partager vos trucs pour ne plus jamais laisser la chance décider de l’issue des parties.

Maîtrisez les lowballs et les shoot-outs

S’il y a bien deux moments où l’on a l’impression que la chance est aux commandes, c’est bien lors de ces tirages de main où l’on vise un rang le meilleur ou le pire possible. Là, le choix des valeurs que vous placez dans votre deck (ce qu’on appelle la draw structure) est essentiel pour vous permettre de maîtriser ces phases. Par exemple, un paquet avec de très nombreux 10 et Valets vous permettra de constituer de nombreux fulls, voire des carrés ou des five of a kind. Par contre, Doomtown présente la particularité (bien pensée) que des paquets qui vous assurent des mains de haut rang soient un désavantage lors des lowballs (où l’on vise le pire rang possible) et impliquent de souvent tricher (avec le risque de se prendre des cheatin’ effects).

Alors que faire ? Si vraiment vous voulez prendre le contrôle du jeu, visez une draw structure qui permet de gagner les lowballs quasiment à coup sûr (valeurs faibles, peu de triche, des valeurs variées), puis, en jeu, fuyez les shoot-outs comme la peste. Favorisez la fuite quand c’est possible, et évitez de vous retrouver avec un personnage booté isolé – à moins qu’il ne dispose d’un moyen de fuir le combat ou de se déplacer même booté. La meilleure façon de maîtriser l’issue d’une fusillade, c’est encore de ne pas y participer.

Ce n’est pas parfait, car votre adversaire pourra chercher à vous déloger pour occuper vos deeds. Mais au moins, vous ne perdrez pas vos dudes – et donc votre influence – à cause d’une main insuffisante.

Piochez, piochez, et piochez encore

Doomtown s’appuie sur une règle que j’adore : à la fin du tour, vous ne pouvez jeter qu’une seule carte avant de refaire votre main. C’est un vrai défi, car si vous avez une main qui ne contient que des cartes mortes, vous ne pouvez rien jouer d’utile pendant plusieurs tours ! Comment faire pour éviter les mains malheureuses ? Facile : donnez-vous les moyens de piocher plus.

Pour ça, pensez aux cartes qui vous permettent d’écarter (ace) les cartes de votre main : ça nettoie le deck, et ça fait une carte de plus à piocher à la fin du tour. Gomorra Parish est parfaite pour jouer dans ce sens. D’autres cartes comme Lady Luck peuvent vous sauver la mise si votre main est vraiment mauvaise.

D’autres cartes vous permettent de faire tourner votre deck : on pensera par exemple à Philip Swinford ou au Pony express.

En procédant ainsi, vous n’avez plus à attendre que la chance veuille bien vous donner les outils dont vous avez besoin là, tout de suite, maintenant. Et si jamais une carte vous est passée sous le nez lors d’un tirage, sachez que certaines cartes vous permettent de fouiller dans la défausse (comme Hired Guns).

Gagnez le plus vite possible

Oui, je sais, ça paraît idiot, mais le meilleur moyen de limiter les tirages, c’est de limiter le nombre de tours. Pour cela, orientez votre stratégie de manière à réussir deux choses : la fin de tour qui tue, et la modification des points de victoire.

La technique de la fin de tour qui tue consiste à immobiliser votre adversaire (personnages bootés ou devant obligatoirement défendre des lieux stratégiques), puis à jouer assez de deeds pour dépasser son influence et gagner. On obtient ce résultat avec de l’argent, des cartes comme Xiong « Wendy » Cheng ou Coachwhip! et des deeds fournissant 2 Points de Contrôle. Nous y reviendrons dans un prochain article.

Pour modifier les points de victoire, utilisez des cartes qui fournissent des Points de Contrôle (Allie Hensman) ou diminuent l’influence de l’adversaire (Rumors).

En combinant les deux (ce qui n’est pas facile, je le reconnais), vous pouvez précipiter la fin de la partie, même après plusieurs tours passés tranquillement dans le home pour amasser de l’argent et attendre les bonnes cartes (voir paragraphe précédent).

 

Voilà, avec ces quelques techniques, vous devriez pouvoir laisser le moins de place possible au hasard, et garder la maîtrise de la partie. Pour terminer, vous aurez compris que je ne me base ici que sur les cartes du Core Set. On peut espérer que les futures extensions apporteront encore plus de possibilités de contrôle. Regarder la main de l’adversaire, tiens, ça pourrait être une bonne façon de… mais…

Great Scott ! Merci AEG !

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